On les redoute dans les égouts, on les chasse dans les greniers, on les empoisonne dans les cuisines… Et si l’on se trompait sur les rats ? En Tanzanie, une ONG forme des rongeurs à flairer les survivants de catastrophes, détecter les maladies ou désamorcer les mines. Bienvenue dans un centre d’entraînement unique au monde, où les rats géants deviennent des héros.
À Morogoro, en Tanzanie, l’ONG Apopo mène un projet hors norme : former des cricétomes des savanes, rongeurs africains ressemblant à des rats géants, à des missions de secourisme, de déminage et de détection médicale.
Leur flair est si précis qu’ils surpassent parfois les technologies modernes. Un exemple : Jo, une rate de 4 ans, peut détecter un survivant enseveli sous les décombres en moins de deux minutes. Lorsqu’elle trouve une victime, elle active un interrupteur fixé sur son gilet – signalant la découverte aux secouristes. Jo ne mesure que 45 cm (sans la queue), mais dans les gravats, elle est plus efficace que bien des machines.
Depuis les années 2000, Apopo a entraîné plus de 300 rats, capables de :
Ces missions sont réalisées dans des conditions souvent hostiles, où les chiens sont trop gros ou les robots trop coûteux. Les rats, eux, sont légers, agiles, peu chers à entretenir, et faciles à transporter. Un rat Apopo coûte environ 6 000 € à former, un investissement modeste au regard des vies qu’il peut sauver.
Le secret de l’efficacité de ces rats ? Un dressage basé sur le jeu et la récompense. Chaque succès leur vaut un smoothie à l’avocat et à la banane, leur péché mignon. Leur semaine est organisée comme celle d’un employé : cinq jours de travail, deux jours de repos, et même un buffet festif le vendredi.
Leur santé est également une priorité. Nourris, soignés, cajolés, ils vivent plus longtemps que leurs homologues sauvages. Et lorsqu’un rat tente une escapade, il revient presque toujours. L’affection entre dresseurs et rats est sincère. Beaucoup de formateurs avouent même avoir changé de regard : “Je les voyais comme sales, saccageurs… Aujourd’hui, je les respecte profondément”, confie Pendo Msegu, responsable bien-être chez Apopo.
Apopo vise désormais les opérations de secours post-catastrophes. Les rats seront bientôt envoyés en Turquie, pays régulièrement frappé par des séismes, pour tester leur efficacité en conditions réelles.
Un prototype de sac à dos miniature est en cours de finalisation : il permettra de transmettre des images en direct grâce à une caméra embarquée, et même de communiquer avec les victimes via un micro. Un espoir pour les sauveteurs du monde entier, qui cherchent à gagner de précieuses minutes dans la localisation des rescapés.
Ces rats géants, si souvent dénigrés, démontrent chaque jour que l’intelligence n’a rien à voir avec la taille ni l’apparence. Leur odorat est un outil d’une puissance inouïe, encore sous-exploité. Et leur capacité à apprendre, coopérer, s’adapter les rend aptes à des missions de haute précision.
Chez Doc Pest, nous connaissons mieux que quiconque la dualité des rongeurs : nuisibles dans certaines situations, inestimables dans d’autres. Ce que prouve Apopo, c’est qu’avec méthode, bienveillance et rigueur, même les espèces que l’on redoute peuvent devenir des alliés de l’humanité.
Chez Doc Pest, nous connaissons les rongeurs sur le bout des doigts : leur intelligence, leurs comportements, leurs points faibles. C’est justement ce savoir-faire qui nous permet d’agir avec précision et efficacité, quand leur présence devient problématique.
GEO – « En Tanzanie, des rats géants formés au sauvetage sauvent des vies »