Depuis quelques jours, mes contacts m’envoient tous le même lien : l’histoire glaçante d’un bébé de deux ans, attaqué dans son lit par un rat, au Havre.
Certains me demandent avec scepticisme : « Tu crois vraiment que c’est possible ? »
D’autres m’écrivent : « Tu devrais écrire un article pour expliquer ce qui est plausible et comment se protéger. »

En tant que consultante en solutions anti-nuisibles et technicienne hygiéniste sur le terrain, je ne me contente pas de lire les titres : je sais ce qui se passe concrètement dans les logements infestés. Cet article a pour but de clarifier les faits, d’expliquer les risques réels et surtout de donner des conseils utiles aux familles.

rats dans une chambre d'enfant

Un drame bien réel au Havre

Le 21 septembre 2025, dans une résidence du quartier du Bois de Bléville au Havre, un enfant de deux ans, Ismaël, est retrouvé en sang par ses parents. Oreille mordue, doigts entaillés, visage marqué. Les parents consultent les images de la caméra dans sa chambre. Les images confirment leurs craintes : un rat surgit et se promène dans la pièce.

Les habitants du quartier affirment que les infestations durent depuis des années, sans réponse adaptée du bailleur. Cette inaction prolongée a mené à une situation extrême : un rongeur dans la chambre d’un bébé.

Oui, un rat peut mordre un bébé (et même un adulte)

Beaucoup de gens pensent qu’un rat fuit toujours l’homme. En réalité, le surmulot (Rattus norvegicus), espèce la plus courante en ville, est opportuniste. Si la nourriture manque, si la population est trop dense ou si les conditions s’y prêtent, il peut devenir plus audacieux et pénétrer jusque dans les logements.

Les morsures de rat sur des nourrissons sont documentées dans plusieurs pays, y compris en France. Les enfants endormis sont les plus vulnérables : leur immobilité et l’odeur de nourriture (biberon, restes de goûter) peuvent attirer le rongeur.

Quant à la taille “d’un chat” décrite dans la presse, elle peut sembler exagérée, mais certains surmulots atteignent 40 cm corps seul et plus de 500 g. Dans des zones très infestées, il n’est pas rare de voir des individus impressionnants.

risque sanitaire

Les risques sanitaires

Un rat dans un logement n’est pas seulement une nuisance, c’est un danger sanitaire :

  • Leptospirose : transmise par l’urine, elle peut provoquer des fièvres sévères, des atteintes hépatiques ou rénales, parfois mortelles.

  • Salmonellose : contamination des surfaces et aliments par les déjections.

  • Fièvre par morsure de rat : infection bactérienne nécessitant une antibiothérapie sans oubliez les séquelles à long terme : cicatrices, stress post traumatique.

  • Risques allergiques : poils et urine peuvent déclencher de l’asthme chez les enfants.


Sans compter les dégâts matériels (câbles rongés, isolations détruites, denrées souillées) qui peuvent coûter très cher.

rats au bas d'un HLM

Quand l’infestation devient un problème collectif

L’affaire du Havre illustre un problème structurel : le laxisme face aux infestations. Les rats se reproduisent très vite (jusqu’à 7 portées par an), et chaque femelle peut avoir une dizaine de petits.
Sans plan de dératisation régulier et sans suivi, les populations explosent et les intrusions dans les logements deviennent inévitables.

La loi et le rôle clé du diagnostic

La réglementation impose aux bailleurs de maintenir un logement salubre. Sur le papier :

  • le bailleur doit agir pour éradiquer l’infestation,

  • le locataire peut alerter les services d’hygiène,

  • la mairie peut déclencher des campagnes collectives.


Dans la pratique, beaucoup de bailleurs n’agissent qu’une fois mis devant des preuves incontestables. C’est pourquoi un diagnostic professionnel gratuit et détaillé est essentiel.

Un diagnostic sérieux doit comprendre :

  • une inspection minutieuse de toutes les pièces,

  • un relevé précis avec photos et plan de situation,

  • l’identification des points d’accès et des causes,

  • des recommandations claires pour un plan d’action.


Ce document devient une preuve : vous pouvez le transmettre à votre bailleur, aux services d’hygiène ou même à votre assurance. Les professionnels sérieux le font avant tout pour aider les habitants, pas pour “faire du chiffre”. Même si le bailleur choisira peut-être une autre société pour traiter, ce rapport met la pression et oblige à agir.

rats au bas d'un HLM

Mes conseils pour protéger vos enfants

  • Inspectez régulièrement : crottes, odeurs, trous, bruits nocturnes sont des signaux d’alerte.

  • Bouchez les accès : fissures, passages de tuyaux, aérations non protégées.

  • Éliminez les sources de nourriture : pas de restes ni de poubelles ouvertes, surtout la nuit.

  • Ne laissez rien dans les chambres : pas de biberons ou biscuits traînant dans le lit ou sur la table de nuit.

  • Réagissez vite : un seul rat vu = action immédiate. Attendre aggrave toujours la situation. Un seul rat vu = plein de rats présents (on me pose souvent la question, un rat n’est JAMAIS seul).

  • Consultez en cas de morsure : nettoyage, désinfection, et consultation médicale obligatoire.

Une lutte raisonnée et sécurisée

Les bonnes pratiques en dératisation reposent sur :

  • l’utilisation de dispositif sécurisés et de produits homologués,

  • la pose raisonnée (doses justes, ciblage précis),

  • la sécurité des enfants et animaux domestiques,

  • le suivi pour garantir la non-résurgence.


C’est cette approche qui permet d’éliminer le problème sans mettre les habitants en danger.

rats dans la rue

Conclusion : agir avant qu’il ne soit trop tard

L’affaire du Havre doit être un signal d’alarme : un rat dans la chambre d’un bébé n’est pas une anecdote, c’est une urgence sanitaire.
Parents, bailleurs, collectivités : il est essentiel d’agir vite, avant que la situation ne dégénère.

Pour les habitants du secteur Metz – Nancy – Thionville : il est possible de demander une intervention professionnelle sous 24 à 48 h et d’obtenir un diagnostic détaillé pour enclencher une action auprès de votre bailleur.

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